07 septembre 2010

Martin Banville

La vérité est un pays sans chemins

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Révélations sur la rue Rothmuller

Par martin banville, à 17h54 dans Générale | 0 commentaire
Les japonais semblent l'aimer crue.

La vérité.

Faudra les aimer maigres.

Les vaches.

On crisera cinq ans, au moins.



Mais c'est sur la rue Rothmuller, à Colmar, ville du colombier, que le sort du monde se révèle au promeneur indifférent: la cigogne gît là, morte, écartelée, démembrée, sur l'asphalte inerte

Quel rapport avec le Japon? J'en sais rien. Le point rouge. Le traitement d'une myopie collective. Le seppuku certain du royaume du soleil couchant...avec n'importe qui, n'importe quoi.

Bien que nous soyons moins perméables aux symboles qu'en des temps plus reculés, il n'en demeure pas moins que l'oiseau déflaboxé (qui n'est plus un oiseau fonctionnel, vu le mauvais traitement qu'il a vraisemblablement subi, qu'il ait été écrasé par une voiture, piétiné à mort par un enfant cruel ou déchiqueté par un chien) revendique de manière criante son droit à constituer en lui-même un symbole, le symbole de l'avenir du monde.

L'avenir du monde. On s'en fout de toutes façons. L'avenir, c'est quand les os ne nous font plus mal, soit parce qu'ils ont été réduits en cendres et répandus dans la nature, soit coincés sous trois tonnes de terre et de gravats dans un parc commémoratif, soit enchevêtrés parmi les squelettes d'une fosse commune comblée bien vite parce que les observateurs de l'ONU rappliquent et que ça paraît mal de nos jours de pratiquer le génocide.

Je me dis qu'il vaut mieux rentrer à la maison, ressortir avec une chaise, la poser sur le trottoir, s'asseoir et regarder la cigogne. Longtemps. Suivre la progression de la crasse dans la peluche originelle. Persister. Ouvrir les yeux. Braquer le regard et recomposer la séquence de l'écartèlement. Toujours la même. Toujours la conséquence d'un étirement abusif. Ca se soigne. Avec du café, des cigarettes, du pot, des champignons hallucinogènes ou des bulles papales, des ablutions dans le Gange ou encore du bricolage dans le garage, du picolage dans les parages des alpages.

Il y en aura d'autres des crises.

Il n'y a qu'à tirer sur la corde.