Serait-ce caniculaire, l'effet de l'auriculaire enfoncé dans l'oreille ou celui de la bière, les impromptus d'hier, le fond de la cafetière, les travaux mortifères ou les récoltes maraîchaires...je ne le sais plus guère. Le silence de l'été. Le sourire de la mort. Séduisant à souhait. Pas édenté du tout. La lourdeur des verts. Les odeurs de terre. Bakhor, mon ami Ouzbek dort à côté. Le verger dont chaque arbre exhibe ses poires comme un arbre de Noël ses boules. Soleil plombé, orages soudains, route lente et pensée alourdie. Les images sont nimbées d'une incertitude myope, l'air vibre d'une chaleur vrombissante, les bourdons sont saoûls et les abeilles vigilantes, l'ange de la mort sieste à l'ombre et les hirondelles savent virer sur l'aile. La poésie se vautre sous un ciel d'acier, sur un sol craquelé hérissé d'herbes blondes. Bakhor l'exilé construit un pont entre l'inexorable et l'obstination. Bakhor, sans le savoir, recoud les déchirures de mes vies disparates. Son oeil voit loin sous un sourcil mobile, oblique. Son coeur est lourd et aérien à la fois. Un vol de nuit dans la densité des pierres.. Dans le doute absolu et le soupçon d'être frères, nos pas s'alourdissent dans la moiteur des terres. Assis côte-àcôte, partageant le thé, je vois deux guerriers, las de toutes les guerres, mais prêts à se battre, encore et encore pour leurs visions chimériques, utopiques et limpides comme des cristaux empalés de lumière solaires ou lacérés des clair-obscur de sous-bois secrets.
22
août
2009
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