Vous connaissez Ziggy Marley? Non? Pas grave. C'est l'un des fils de Bob Marley. Vous connaissez Bob quand même, ça j'en suis sûr. Et sinon, pas grave.
J'appelle ça Ziggy. C'est le titre de ce petit texte d'aujourd'hui, nonchalemment à cheval sur une grosse branche d'un arbre que je vois par la fenêtre, alourdi de feuilles bien grasses, dans l'été qui laisse planer parcimonieusement un peu de fraîcheur dérobée au bleu bien poudré des nuages qui passent comme n'importe quel passant qui passe et qui s'en fout de savoir si on le voit passer ou pas.
Ca s'appelle Ziggy, parce que c'est lui qui joue et qui chante dans le rien de la maison. Il remplit l'espace d'une musique inclassable, incassable. C'est du reggae et c'est même pas du reggae.
Day by day by day by day by day by day by day by day....mais ça s'écoute comme on reçoit une brise inattendue par un jour de canicule. C'est dire hein...
J'essaie de m'ajuster, c'est-à-dire de ralentir. Ralentir assez pour diminuer les lampées de bière et les cfm du pompage de fumée. C'est ça Ziggy. Ralentir. Baisser le régime moteur assez pour distinguer ce qui se passe autour: rien. Rien que les voitures qui passent dehors, moins que d'habitude peut-être, beaucoup de gens étant partis en vacances...puisqu'ils en ont eu la permission...l'état, le patron, la boîte. Dans leur for intérieur, ils ressentent cette liberté soudaine comme une démangeaison que l'on ne peut pas localiser...alors ils s'énervent, sur les routes, sur les plages, dans les campings, dans leur âme, dans leur corps. Ils s'énervent. Bon.
Ziggy, lui, il ne s'énerve pas. Il gratte sa guitare, tranquillement en constatant placidement: Babylon is falling down, Babylon is falling down...
Tu parles, oui...
Je trouve la peinture un peu molle sur mes petits morceaux de bois.
On va attendre un peu alors.
Profiter de l'été.
Surtout, ne pas allumer la télévision. Il y a des mots et des tons de voix qui font grimper la tension artérielle. Comme, je ne sais pas moi...terrorisme, pétrole, football, Bettencourt, Bison Futé... D'autres mots donnent des crises d'urticaire: Woerth, Sarkozy, retraite, Tour de France, Grand-Prix, RSA...
People get ready, there's a train upcommin' don't need no ticket, just gettin'on board...
Ben oui, Ziggy, ben oui... Tu ne nous as pas encore dit quand on arrivera au Promised Land que nous promettait Mister Marley Père hein...
Mais non...On ne te le demande pas. Comme on dit chez nous, dans le pays des épinettes, pose pas de questions, je te conterai pas de menteries... Je suis sûr que t'es d'accord avec ça hein Ziggy?
To B free like we want to B...Are you free, are you free...
(Pose pas de questions, t'auras pas de menteries!)
Are we free like we want to be now?
C'est la question. La seule. La plus importante. Celle qui reste sans réponse.
Mes petits morceaux de bois pourraient sécher encore je pense.
Le temps d'une autre bière. D'une autre clope.
La liberté peut aller se rhabiller.




















Commentaires